Ingrid Betancourt : "Pourquoi j'ai choisi de soutenir la Résistance iranienne"
Le 31 juillet à Rome, lors du sommet pour un Iran libre, j'ai renouvelé mon appel à reconnaître l'OMPI comme la voix légitime du peuple iranien. Le régime de Téhéran est aujourd'hui affaibli. C'est le moment d'agir. De soutenir cette alternative qui seule, offre une garantie contre la bombe nucléaire iranienne.
Il y a quelques jours, le régime iranien a exécuté sans préavis et de façon arbitraire deux militants de l'OMPI-Moudjahidine du peuple, Behrouz Ehsani et Mehdi Hassani. 14 autres vont être exécutés à leur suite et attendent dans le couloir de la mort.
Depuis l'arrivée de Khomeini ce mouvement est la cible des persécutions les plus atroces mais aussi de campagnes de désinformation les plus acharnées.
C'est à Paris, il y a plusieurs années, que j'ai découvert l'Organisation des Moudjahidine du Peuple d'Iran (OMPI). J'avais été leur invitée lors d'une conférence sur les droits humains en Iran, aux côtés de personnalités que j'admire, comme Élie Wiesel, lui qui avait pris ma défense lorsque j'étais otage aux mains de la guérilla des FARC en Colombie.
En suivant son exemple, j'avais voulu moi aussi élever ma voix pour ceux qui souffrent et qui résistent. J'avais donc parlé de la résistance Iranienne et tout naturellement, de l'OMPI.
À ma grande surprise, dans les heures qui suivirent, j'ai été inondée sur le Net d'une propagande hostile et menaçante en relation avec l'OMPI. Pas d'invectives directes, mais une campagne de discrédit très sophistiquée et d'intimidation médiatique. On les accusait entre autres d'être une secte, qu'ils étaient terroristes et communistes. Je venais de passer sept ans dans les geôles d'une organisation terroriste, il y avait de quoi m'interpeller.
Mais quelque chose sonnait faux. Ces informations ne correspondaient pas à ce que j'avais moi-même, observé durant la conférence. J'ai voulu en avoir le cœur net en me renseignant plus en profondeur. J'ai parlé avec des journalistes et des personnalités politiques, très critiques de ce mouvement. J'ai aussi demandé à rencontrer des membres du mouvement.
Un grand groupe de militants venait d'arriver en tant que réfugiés en Albanie. Je m'y suis rendue pour les connaître. On leur avait alloué un terrain et ils construisaient leurs habitations. C'était ce qu'ils nommaient le camp Achraf 3. Là, j'ai vu une communauté disciplinée, déterminée, solidaire. Des hommes et des femmes, exilés d'Irak après une tentative de génocide, déjoué avec le concours de l'ONU. Je les ai vus tous, leurs leaders inclus, transportant des matériaux de construction dans le froid et dans la boue. Et avec le sourire !
J'ai alors compris que cette campagne de diffamation n'était pas basée sur des faits, mais sur la peur. La peur d'un régime affaibli et illégitime, face à une alternative crédible. Je crois qu'avec ses alliés au sein du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), l'OMPI incarne cette alternative.
Je suis l'OMPI depuis de nombreuses années maintenant, et je pense pouvoir identifier quelques justifications à cette peur.
D'abord, sa structure et son sens stratégique, à l'opposé du chaos dans lequel prospèrent les régimes totalitaires. C'est pourquoi le régime qualifie l'OMPI de secte, non pas parce que cela soit juste, mais parce que le régime a besoin d'accuser sont plus farouche opposant d'être ce qu'il tient à cacher sur lui-même.
Ensuite sa leader : une femme musulmane, Maryam Radjavi, qui défend un Iran laïc et démocratique, l'égalité femmes-hommes, la liberté religieuse, et la séparation de la religion et de l'État. Son leadership même, remet en cause l'ordre patriarcal et misogyne imposé par Téhéran aux Iraniens.
Troisièmement, ils ont un projet clair : le programme en dix points de Maryam Radjavi prévoit, entre autres, la fin de la peine de mort, la liberté d'expression et de culte, le respect des minorités et un Iran dénucléarisé.
Quatrièmement, l'OMPI dispose d'une présence structurée à l'intérieur de l'Iran. Ils ont construit un réseau clandestin conformé d'unités de résistance qui mène les protestations civiles qui se succèdent sans relâche. Cette légitimité sur le terrain, est ce que le régime craint par-dessus tout.
Cinquièmement, l'OMPI a une histoire à montrer : née dans la lutte contre la dictature du Shah, puis persécutée sous Khomeini, elle n'a jamais cessé de résister depuis 60 ans.
Enfin, ce mouvement a payé son combat au prix fort : 120 000 hommes et femmes de leur mouvement ont été assassinés, emprisonnés, ou portés disparus. Comme aujourd'hui, ses militants ont subi les exécutions sommaires, la torture, l'exil. Ce n'est donc certainement pas un groupe marginal. Il s'agit d'une force populaire fondée sur des principes solides. C'est pourquoi aucun mensonge ne peut venir ternir les faits, ni aucune propagande dédire cette vérité.
Le 31 juillet à Rome, lors du Sommet pour un Iran libre, j'ai renouvelé mon appel – en présence de dirigeants et de responsables politiques européens et américains – à reconnaître l'OMPI comme la voix légitime du peuple iranien.
Car la lutte pour la liberté en Iran est aussi la nôtre. Celle du monde libre. Celle de tous ceux qui refusent que les totalitarismes soient banalisés et qu'ils nous exportent leurs guerres et leurs terrorismes.
Le régime de Téhéran est aujourd'hui affaibli. C'est le moment d'agir. De soutenir cette alternative qui seule, offre une garantie contre la bombe nucléaire iranienne.
Mission de La LibreFaire une remarque

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